Troisième article qui présente un des cours que j’ai suivi lors de ce premier semestre à Strathclyde University. Pour mémoire le premier concernait “Communication Networks” quand au deuxième il parlait de “Multimedia and Signal Processing”.
J’avertis ici que c’est le cours qui m’a le plus plu du semestre donc l’article sera assez développé sur le contenu du cours. A moins d’être vraiment intéressé par les cours à Strathclyde et les programmes et/ou d’avoir quelques notions d’EII je vous déconseille fortement de lire en entier la section “contenu du cours”.
EE406: Communication Theory
Main Lecturer: Dr Ian G.
Le contenu du cours:
L’objectif de ce cours est de donner un point de vue global sur un système de transmission de l’information sous forme numérique. Le cours commence par aborder la conversion d’un signal analogique vers un signal numérique (sampling + quantisation). Ca commence donc doucement avec du PCM (Pulse Code Modulated). Ensuite vient la transmission “Baseband” (non modulée) et la méthode de détection du point milieu (on traduit comme on peux :-p). Ce qui amène sur les calculs de probabilité d’erreur dans la détection des symboles (et oui l’ami “erf” est de retour).
Quelques notions de quantité d’information sont abordés avec l’entropie (sans soucis puisque c’est déjà vu en Multimedia Signal). Un petit côté du cours important pour les Insaliens: on retrouve dans un des chapitres les critères de décisions Bayesiens (donc vous avez intérêt à écouter Marie B. ^^). Je trouve que le chapitre suivant du cours est un peu à part car il traite du “bruit” en général et à mon sens je trouve qu’il sucks (=craint). Il a un peu rien à voir avec le reste, on ne s’en ressert pas trop, il pue l’électronique bon marché… Bref !
C’est à partir de ce moment qu’arrive le good stuff: Interférence entre symbole et filtrage de Nyquist. BAM ! Le mot est lâché comme on aime bien dire. Chapitre qui semble ultra-hardcore si il en est, notions mathématiques obscures, théorème des temps immémoriaux… A ce point du cours on a un peu envie de lâcher l’affaire.
Pour en rajouter une couche la partie qui suit est fortement basée dessus et s’intitule Raised Cosine Filtering. Oui, oui pour les non-initiés c’est très moche… une fois le cours passé vous pouvez faire les cakes en sortant de grandes phrases genre “le GSM (2G) est en fait basé sur une modulation GMSK avec un Raised Cosine Filtering Roll-Off α = 0.3“.
Bon en tout cas c’est ce que je me rappelle d’un des cours, mais attention en société vous pouvez passer pour un gros guignol. Je pense que dans dans le mileu très select des télécom ça doit être “must respect” ^^. Trève de galéjades et retournons à nos moutons: il s’avère au final après 2 ou 3 relectures du chapitre que tout se tient pas trop mal et c’est compréhensible (c’est du vécu !).
Chapitre suivant: encore et toujours des filtres ! Ce coup ci c’est au tour du Matched Filtering (oui, oui ça vous dit quelque chose si vous êtes Insaliens EII car on le voit en 3° année je crois au détour d’un vilain TP Traitement du Signal sur Matlab qui nous as tous traumatisé: les filtres adaptés). Grosse surprise: traitement du signal = des gros maths qui piquent. Non j’exagère, pour une fois ça va, il y a un peu de maths mais le professeur illustre beaucoup à l’aide de graph donc c’est plutôt visuel. Tant mieux nous dirons nous car le chapitre d’après porte sur les Correlation Receiver ce qui reviens plus ou moins à du Matched Filtering.
Arrivé mi-chemin dans le cours c’est là qu’arrive l’artillerie lourde: les différents types de modulation. Pour les fans d’acronymes no soucy ça va être du gâteau car le poly en est blindé jusqu’à la dernière page: OOK (On-Off Keying), BPSK (Binary Phase Shift Keying), PRK (Phase Reversal Keying), ASK (Amplitude Shift Keying), BFSK (Binary Frequency Shift Keying), BER (Bit Error Rate), CNR (Carrier to Noise Ratio), DEPSK (Differentially Encoded Phase Shift Keying), DPSK ( Differential Phase Shift Keying) [NDR: Non, non ce n'est pas la même chose].
Et ça continue avec les modulations à plusieurs symboles: MPSK (M-ary Phase Shift Keying), QAM (Quadrature Amplitude Modulation), MQAM (M-ary Quadrature Amplitude Modulation), QPSK (Quadrature Phase Shift Keying), OQPSK (Offset Quadrature Phase Shift Keying), MSK (Minimum Phase Shift Keying), GMSK (Gaussian Minimum Phase Shift Keying), FFSK (Fast Frequency Shift Keying).
Ouf ! J’espère que ça vous as pas trop effrayé… Oups j’allais oublié on rajoute à tout ça des notions de performances de chacun des systèmes en terme de SNR (Signal to Noise Ration) contre le BER/SER (Bit/Symbol Error rate) et efficacité spectrale. Dernière chose quelques schéma de recepteur incluant de blocs pour la Carrier Recovery tel que les “Squaring Loop” et autre “Costas Loop“.
L’évaluation:
Simple, efficace, brut de fonderie.
100% sous forme de DS. Il faut répondre à toutes les questions de 3 exercices au choix sur un total de 5 exercices disponibles.
Les matières utiles de 4 EII :
Le Traitement du Signal Numérique apporte un certain plus à la compréhension. Je crois d’ailleurs que c’est dans ce cours là que Véronique C. aborde la modulation et qu’elle est aussi traité en TP. Ne pas négliger ce chapitre, après le cours à Strathclyde ne sera qu’une gigantesque balade d’un semestre.
Certains n’y croyait pas mais oui le cours de Detection et Estimation est utile ! Il va d’ailleurs beaucoup plus loin que ce qui est abordé dans ce cours l’important étant de retenir la base: critère de décision Bayesiens. Utile aussi de retenir vite fait les coûts conditionnels, le MAP (Maximum à Posteriori) et dans une moindre de mesure Neyman-Pearson. Je m’excuse auprès de Jean-Noël P. mais malheureusement les chaines de décisions Markoviennes ne servent pas du tout… sorry (beaucoup s’en serait doutés).
Mon avis personnel sur la matière:
Matière qui peut paraitre effrayante au début compte tenu du nombre d’informations, de formules à retenir (je rappelle l’interdiction aux documents pendant les DS à Strathclyde). Finalement, avec peu de travail, on s’en rend compte que beaucoup de choses se recoupent que les formules se réduisent à une dizaine. (En particulier les formules concernant les probabilités d’erreurs, après en avoir vu plus de 10 au bout de quelques chapitres arrive LA formule globale qui évite d’en retenir plein). Les chapitres qui m’effrayaient le plus pour le DS: le bruit et Nyquist. Pourquoi ? Trop de définition et comme c’est en anglais c’est plus galère car il faut vraiment apprendre par cœur, pas de place pour les approximations et le freestyle ! Au niveau du DS certains des mes camarades, en particulier un craignait particulièrement cette matière. Au final après l’avoir passé, il s’est avéré (comme je l’avais prédit) que c’était la matière où on était le mieux préparé. Plusieurs raisons pour cela:
Premièrement, les tutoriaux, très nombreux, pas trop mal foutus, assez simples sur la première moitié mais demandant plus de réflexions sur la fin. D’ailleurs contrairement à l’INSA ici les exercices sont plus durs en TD (où on a le temps de les faire de bien y réfléchir, de pouvoir demander de l’aide) qu’en DS ! Faudrait voir à en prendre de la graine, je vise personne mais … suivez mon regard… D’ailleurs les TD sont accompagnés d’une solution systématique envoyée par mail quelques semaines après la distributions de la feuille d’exercices. Ceci afin de nous laisser le temps de réfléchir aux questions en jouant le jeu (c’est-à-dire sans regarder les corrections direct).J’ai trouvé franchement très agréable de pouvoir regarder si j’avais bon à un exercice… contrairement à certaines autres matières comme Communication Networks par exemple.
Deuxième raison quelques semaines avant le DS (2 semaines avant les vacances de Noël pour être précis) Dr. Ian G. distribue des “Specimen Paper” qui ne sont pas exactement des annales (“Pasts Papers”). Il avertit bien d’essayer les questions de ces examens blancs car le DS y ressemblera à 80%… Et cet homme n’est pas un menteur, on pouvait littéralement retrouver les mêmes questions dans le DS.
La pédagogie et la manière d’enseigner de Ian G. m’ont particulièrement satisfait, ça a été pour moi un des meilleurs professeurs de toute ma scolarité. Il illustre clairement ses propos qui sont très souvent accessibles (à part certaines notions qui demandent une relecture à tête reposée, surtout pour les non anglophones). J’ai entendu dire que certains étudiants écossais ne le considèrent pas trop comme un bon prof. Pour ma part le seul et unique reproche que j’aurais à lui faire est: son poly de cours. C’est effectivement un sacré bordel pour se repérer la dedans: les pages ne sont pas numérotées et certaines pages sont d’ailleurs mises dans le mauvais ordre. Par contre le contenu est homogène et plutôt clair.
Après toutes ces éloges il est évident que j’encourage les futurs étudiants Undergraduate en EEE à choisir cette matière. Ceci ne reste que mon avis personnel et ne permet évident aucune garantie ou remboursement éventuel
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Oral English:
Vous en aviez marre des éloges… dommage parce qu’en revoilà une dose. Tout simplement le professeur que j’ai le mieux compris tout au long de ce semestre. Une voix posée, un accent peu marqué, un débit de parole mesuré. Avec un peu d’attention il est possible de suivre tout un cours sans jamais décrocher parce qu’on a pas compris une phrase. Ce professeur s’adapte parfaitement à ses étudiants qui sont constitués majoritairement d’internationaux.
NDR: Ah tiens un(e) courageux(se)qui a tout lu ? Bravo (sauf si tu as lu en diagonale petit(e) tricheur(se).














